Quand la ferme s’ouvre : un projet coopératif

 

Tu savais qu’il était possible de rassembler à un même endroit : une école inclusive à pédagogies actives ; une culture de champignons ; des séjours nature ;  de nombreux artisans ; des artistes ; une boulangerie ; un troquet… et des chèvres ? Si ça peut paraître un peu fou, c’est pourtant le pari lancé par l’équipe ultramotivée de maferme.be. Dans cette ferme rénovée d’Enghien, des multiples projets pourront naître. Les différents acteurs locaux pourront profiter d’une structure fédératrice : qu’ils soient agriculteurs, producteurs, artisans, artistes ou citoyens.

Maferme.be, bien qu’enneigée en cette période, grouille d’idées de projets chaleureux et durables !

Plus que de développer ces projets sociaux, la ferme accordera évidemment une importance particulière à une de ses fonctions initiales : produire de la nourriture saine et encourager la biodiversité. Des enjeux qui résonnent aujourd’hui avec l’importance des préoccupations environnementales et d’une alimentation plus durable (on t’explique tout ça en détail un peu plus bas).

Dire bonjour aux moutons d’une main, remplir son paniers de produits locaux de l’autre, sourire en passant devant une classe d’élèves en pleine campagne avant de jeter un œil à une exposition artistique… Clairement, ça fait un peu rêver comme moment de vie. Pour que le rêve devienne réalité et que l’amour soit dans le pré, un appel aux fonds et aux coopérateurs est en cours. Chacun peut, à sa manière et en fonction de ses ressources, apporter sa pierre à l’édifice (agricole mais pas que) de ce projet d’entrepreneuriat rural et de cohésion sociale.

Rencontre avec Stephan, à l’origine du projet 

Mais parce qu’un projet n’est jamais aussi bien expliqué que par son fondateur, nous avons rencontré Stephan de Brabandere, à l’origine de l’initiative enghiennoise. Il nous raconte l’émergence du projet et son développement jusqu’à aujourd’hui.

Stephan est administrateur du projet maferme.be

D’où vous est venu l’idée de maferme.be ? 

« Cette idée était dans la tête de beaucoup de gens depuis longtemps : le confinement a servi de déclic et de source majeure de motivation pour la plupart. D’une part, par l’envie d’éviter des nouvelles crises. D’autre part, par une volonté grandissante des citoyens de se tourner vers le circuit court et le durable. Mais la période post-confinement a aussi démontré que les gens pouvaient très vite retourner à leurs mauvaises habitudes. Le potentiel est donc bien présent, mais il est fragile.« 

Il explique également l’importance de l’équipe à l’origine de l’idée. « Notre équipe s’est constituée de personnes avec une grande volonté entrepreneuriale et une aussi grande envie de s’associer et d’agir à plusieurs, au sein d’un même projet. »

L’idée d’une ferme coopérative était née. Elle se trouvait être le dénominateur commun de multiples motivations et projets. De l’envie de sauvegarder l’activité de cette ferme et de garder ses terres loin des produits chimiques, à l’envie plus globale de créer un lieu de rassemblement rural. L’équipe a très rapidement grandi… et le projet a été tout aussi vite soutenu.

« Aujourd’hui, 400 coopérateurs se sont déjà manifestés en quelques semaines, ainsi que 30 candidatures pour des projets socio-économiques durables et variés, c’est génial. Tous les projets et toutes les idées sont encore évidemment les bienvenues. » souligne Stephan. 

 

Le confinement a servi de déclic pour beaucoup de personnes, dans leurs envies d’un mode de vie plus durable

 

Quelles synergies allez-vous mettre en place avec les producteurs et les agriculteurs locaux ?

« Le projet est encore tout récent, mais nous sommes déjà en train de définir des supers partenariats avec les producteurs et agriculteurs locaux. Nous sommes en train de réfléchir et d’imaginer tout ce qu’on pourrait faire ensemble. Notre première Assemblée Générale sera une grande fête d’été, qui accueillera un marché fermier avec tous les producteurs de la région (vu que la ferme ne produira encore rien). Mais c’est un événement plutôt symbolique en comparaison avec toutes les synergies que nous voulons créer sur du plus long-terme. Dans 2 ou 3 ans, nous pourrions envisager la création d’un magasin coopératif orienté fruits et légumes issus du circuit-court, en centre-ville. C’est assez grisant de voir tout ce qu’on pourrait mettre en place. »

C’est quoi exactement l’alimentation durable ?

 

Quand l’alimentation durable se conjugue avec des idées créatives, elle est d’autant plus belle… et facile à comprendre. Nous avions envie de t’en dire un peu plus sur ce concept qui nous semble si important aujourd’hui. Tout de suite, un instant projecteur et slides de cours offert par LaSemo (ton prof préféré) :

Les régimes alimentaires durables contribuent à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes, sont culturellement acceptables, économiquement équitables et accessibles, abordables, nutritionnellement sûrs et sains, et permettent d’optimiser les ressources naturelles et humaines.

L’alimentation durable : un concept avec beaucoup d’enjeux socio-économiques

 

Comme tu peux le voir, l’alimentation durable ne se résume pas à une unique dimension écologique, comme on pourrait le croire de prime abord. Ce qu’il faut retenir, c’est trois critères principaux pour définir l’alimentation durable, à savoir :

  1. Accessible à tous, saine, équilibrée et répond aux besoins nutritionnels humains
  2. Inscrite dans un système qui préserve l’ensemble de environnement et la biodiversité
  3. Basée sur le principe de subsidiarité : dans les grandes lignes, c’est un concept qui souligne la responsabilité des acteurs qui mènent une action. Dans le cadre de l’alimentation durable, cela signifie des modes de production durables, un revenu équitable pour les producteurs, un tissu et un développement local préservé.

 

Maintenant que ces bases sont placées, retour sur le terrain ! Comment une ferme coopérative telle que maferme.be peut appliquer ce principe d’alimentation durable ?

 

Un exemple, un exemple, un exemple ! 

 

En exemple, prenons les légumes issus de l’agriculture des terrains de la ferme (j’ai toujours l’art de choisir des illustrations dans les articles qui vont me donner faim).

Disons, la culture de délicieux choux-fleurs de Michel, un producteur local. La ferme coopérative est ouverte aux producteurs locaux : les légumes seront donc cultivés sur ses terrains et vendus au sein de celle-ci, dans une agriculture durable et respectueuse de l’environnement (et bonne pour la santé) ! Mais non dans un but de maximisation du profit. Le but ici est de « maximiser l’impact positif (social et environnemental) » sous contrainte de profit. Pour l’acheteur, cela signifie une offre de choux-fleurs aussi frais qu’accessibles économiquement. Et la certitude que son argent serve la viabilité du projet et son développement positif.

Dans l’équation, Michel sera également rémunéré équitablement. Et il participera au développement de l’économie et du tissu associatif local, avec d’autres producteurs du coin. Maferme.be pousse encore plus loin la circularité dans ses installations. Par exemple, la chaleur du frigo de choux-fleurs de Michel sera certainement valorisée pour du séchage ou pour chauffer d’autres produits. Accessible, respectueuse et responsable : tous les critères de l’alimentation durable sont remplis !

Du côté de maferme.be, les critères durables souhaités pour les producteurs sont simples :

« Notre volonté est que les projets s’inscrivent dans une démarche de circuit court et qu’ils respectent l’environnement, avant tout. Nous souhaitons que notre maraîchage soit certifié bio. Mais nous ne voulons pas imposer à tous les producteurs de respecter les mêmes critères de sélection de ce label. » explique Stephan.

 

Un modèle de société coopératif inspirant

En écoutant et en lisant le projet de cette ferme coopérative, nous avons d’ailleurs trouvé de nombreux parallèles avec les valeurs de LaSemo. Comme par exemple, la sensibilisation et l’importance de l’alimentation durable sur notre festival : une charte durable signée par tous nos foodtrucks, notre volonté constante d’ancrage dans le territoire local, un marché des producteurs de la région… 

Tu veux soutenir cette forme d’économie locale et d’alimentation durable ? Privilégie toujours les commerçants et producteurs de ta région. C’est le moyen le plus simple de contribuer à un système plus équitable, plus respectueux de ta santé et de la planète.

Stephan l’explique par son envie de développer cette filière durable. « À l’heure actuelle, la filière du circuit court est anecdotique en comparaison aux rayons frais des supermarchés. Afin de se développer sur le marché, elle doit se doter de nouveaux acteurs durables, et que ceux-ci puissent développer leur communauté de consommateurs. Quand on voit tout le bruit qu’on a réussi à faire en un mois sur le projet de la ferme, nous sommes certains d’attirer ces nouveaux clients vers le circuit court. En tant que structure, nous voulons être là pour soutenir les producteurs et sensibiliser sur les enjeux primordiaux derrière leur travail. Ils ont au quotidien déjà beaucoup de choses à gérer. Nous voulons être un vecteur de diffusion de leurs activités. »

Un maraîchage bio composé de produits issus des terrains de la ferme est un des objectifs principaux du projet

 

Il insiste également sur le caractère fédérateur du projet, à plusieurs niveaux. « Dans ce sens, nous rassurons également ceux qui pensent que la coopérative va rentrer en concurrence avec eux. Ce n’est pas du tout l’idée, notre envie est justement de les inclure dans le projet pour que cette filière d’alimentation durable prennent de l’ampleur. J’ai des amis à moi qui n’auraient pas dépensé un euro dans cette filière durable. Ils sont aujourd’hui coopérateurs du projet. »

Je veux soutenir le projet !

 

Ca tombe bien, nous aussi ! Que tu sois coopérateur, porteur d’un projet à inscrire dans la ferme ou simplement curieux, rends-toi sur cette page pour en savoir plus. « Ce projet commence par l’achat de la ferme, ils nous font donc des gros montants. Pour nous soutenir, il est nécessaire de former une grande communauté qui investisse avec nous dans le projet. Actuellement et jusqu’au 31 janvier, nous fonctionnons grâce aux « promesses d’être coopérateur » faites sur le site maferme.be, avec des montants qui vont de 50 à 50.000€. » explique Stephan. « Un coopérateur qui investit 500€, participe à une réunion d’information et relaie des nouvelles idées, c’est déjà une aide énorme. C’est aussi toute cette intelligence collective qui permet de développer et de construire le projet au quotidien, et ça c’est super important. »

L’équipe souhaite financer 999.950 € auprès de coopérateurs et doit y arriver avant le 31 janvier 2021. Le résultat est presque atteint, il ne manque plus que toi ! 

Et toi, tu participes déjà à une alimentation plus durable au quotidien? Donnes-nous tes adresses préférées et tes bonnes habitudes !

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